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Gefilte Swing tire sa révérence

Après 23 ans d’existence, Gefilte Swing a fait son ultime concert le 14 mai 2022 au Cercle Bernard Lazare, à Paris. Merci à tous de nous avoir soutenu depuis toutes ces années. Ci-dessous toutes les personnes qui sont passé dans le groupe, par ordre chronologique, remplaçants compris (*).

Chant : Mariane Feder, Claire Farah, Muriel Hirschman, Nathalie Weksler (*) Trompette : Laurent Vassort – Clarinette, saxophone alto arrangement et direction d’orchestre : Alexandre Litwak Trombone : Mathias Malher – Accordéon : Simon Duranel, Phillipe Zech, Maxime Perrin, Yann Cotty, Sylvain July, André Tagou, Marc Bizzini, Pierre Polvèche (*), Nicolas Almosni (*), Noé Clerc (*) Guitare : Mathias Berchadsky, Ziggy Mandacé, Sammy Daussat (*) – Tuba : Yann Quéméré, Martin Rube, Pascal Fabry, Joaquim Juigner (*), Romain Labbe (*) – Contrebasse : Peter Frasque, Bruno Marlin, Stéphane Cottin, Pascale Guillard (*) Batterie : Laure Berthaume, David Eleouet, Clément Moraux.

Les albums sont toujours en vente en cliquant ici !

Texte lu au Cercle Bernard Lazare, précédent le concert « Clap de fin » samedi 14 mai 2022

Bonsoir

N’ayez pas d’inquiétude, mon discours ne va pas durer longtemps. Juste la durée d’un 78 tours… 78 tours et puis s’en vont…

« On joue comme on est » me disait mon professeur de clarinette classique, au conservatoire. C’est ainsi que venant d’une double origine, j’ai voulu une musique puisant dans ce que pouvait entendre mon grand-père paternel et celle que ma mère me faisait écouter, enfant, pour me faire tenir tranquille : la musique de la « Libération », le Swing.

L’absence, ici en France, d’une musique mariant les deux m’a donné l’envie de faire cela. Venant de la musique Swing, je suis parti à la découverte des musiques Klezmer et des chansons Yiddish, je suis aussi parti à la découverte des institutions juives françaises…Mais ceci est une autre histoire… Si ce groupe, comme tous les orchestres que j’ai pu créer et diriger ne porte pas mon nom, comme cela se fait beaucoup en Jazz, c’est que pour moi dans la musique, la notion « d’ensemble » prime sur celle de l’individu. Il m’aurait semblé absurde d’appeler cela « Alexandre Litwak-Hainque sextet ». Gefilte Swing me semble bien plus marrant, non ? Aujourd’hui, Je suis fier que Gefilte Swing fût, pendant 23 ans, le seul groupe français qui ait marié à part égale le Jazz et le Klezmer dans une seule et même musique. Harmonisant ainsi les richesses des deux.

« Tant que l’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné », me disait Constantin Litwak, feu mon père, qui était, parfois, un tantinet excessif.
Cette impression d’avoir tout donné, c’est au début du mois de juillet dernier que je l’ai ressentie. Impression qui s’est confirmée au fil des semaines qui ont suivi. Donner plus aurait été pour moi me plonger dans une dangerosité irrémédiable. Si, lorsque l’on nous a proposé de participer au Festival Marx Sisters, ma conviction était faite, il me semblait plus qu’important de contribuer à ce moment voulu par et en hommage à une belle personne : Mano Siri.

Évidement le Covid était aussi passé par là et cela ne nous a pas permis de faire une « sortie de cd » honorable. Mais je n’en suis pas moins heureux d’avoir créé, avec l’aide de l’ensemble des musiciens, des techniciens, de Murielle Lévy, productrice exécutrice de l’album, un très bel objet, tant dans le fond que dans la forme. Fier d’avoir réussi à faire rentrer la musique Klezmer dans le catalogue de la maison d’édition Frémaux et associé.

En tant que chef d’orchestre, j’ai dû prendre des décisions ou des non-décisions, faire des choix, pas toujours bons, écouter parfois ou non les membres du groupe. Tout cela, je l’assume totalement.

À travers ce que m’ont transmis mes deux parents, le goût d’aller vers les autres sans avoir peur d’être ce que l’on est, il me faut désormais reprendre mon bâton de « juif errant » et me choisir une autre destination.

Présentement, j’aimerais féliciter l’ensemble des personnes qui tout au long de ces années sont passés par Gefilte Swing. Qu’ils y soient restés un temps long ou qu’ils y firent juste un remplacement. Qu’ils en soient ici tous remerciés à la hauteur de leur investissement. Je veux dire aussi que quelle que soit leur origine, tous furent acceptés avec leur passé musical et familial. Il ne fut jamais question pour moi qu’il fallait avoir une mère juive pour jouer de la musique juive tout comme il ne faut pas être noir pour jouer du jazz. D’un côté comme de l’autre, j’aurais été mal placé pour imposer cela.

Notre musique n’est pas facile à jouer et à interpréter, et je sais de quoi je parle ! Depuis octobre dernier, Marc Bizzini, ici présent, nous a rejoints et je ne peux que louer ses qualités musicales, son respect des arrangements, son professionnalisme efficace.
Plus particulièrement, je remercie avec reconnaissance, celle qui a fait preuve de ténacité, de pugnacité, d’initiative, qui s’est complétement investie et s’est inscrite dans le groupe depuis 17 ans, créant ainsi véritablement « the voice of the Gefilte Swing » : Muriel Hirschamnn.
Connaissant mon caractère, on peut facilement envisager d’inscrire Muriel au Livre Guinness des records !
Merci Muriel de ce que tu as fait et donné pour Gefilte Swing.

Mais si Gefilte Swing a aussi pu vivre aussi longtemps, c’est que nous avons pu compter sur l’indéfectible reconnaissance et amitié de la journaliste et professeur de Yiddish Lise Gutmann, qui n’a eu de cesse de nous mettre en avant lors d’émissions de radios et qui nous a offert plus d’une fois l’accès à de jolies scènes sur lesquelles nous avons joué. A dank Lise !

Que dire de l’action d’Annie Rapoport Rayski, qui depuis 2006 et à travers son association Anima & Cie, nous a soutenus, encouragés, dépannés. Grâce à elle, nombre de concerts et de festival nous ont été possible. C’est aussi grâce à elle que nous sommes ici ce soir. Et si elle n’a pas pu être présente, je sais que de là où elle est, elle pense très fort à nous. On vous embrasse, Annie !

De même que mes amis, qui devinant ma peine, n’ont eu de cesse depuis plusieurs mois d’être présent. Passant souvent au-dessus de leurs propres soucis personnels et m’appelant régulièrement, m’invitant à diner, à prendre un verre, ou à sortir. Mon sourire de ces derniers mois, c’est à bien à eux que je le dois. Michel Bonnet, trompettiste de jazz, jamais avare de bons conseils musicaux et sans qui une bonne partie de l’album n’aurait pas pu se faire. Lucie Marie, complice de tous les jours, présente à mes côtés, me voyant tant de fois gravir et descendre les montagnes russes. Merci à elle de sa bienveillance et de sa générosité. Ou bien Daniella Pinkstein, que j’ai quasiment au téléphone tous les jours. Grace à elle, maintenant, je sais ce que c’est que d’avoir une mère juive !

Si savoir jouer de la musique est une forme de richesse dans ce monde, avoir de tels amis autour de soi en est bien une autre. Merci à vous !

Quand à ma famille, aussi réduite soit-elle, elle ne fait pas mentir l’adage disant « qu’il vaut mieux avoir de la qualité que de la quantité » ; merci Georges, Sabine, Esther, de votre soutien. À nous quatre, ont des Litwak !

Et je ne voudrais pas oublier le public, juif ou non juif, qui depuis tant d’années nous a suivi et soutenu. Parmi eux, je voudrais citer Monique et Gérard Itic, absents ce soir mais présents dans nos cœur.

Merci à vous tous d’avoir été et d’être là. 

La première musique que nous allons jouer ce soir est une chanson qui fait l’ouverture de notre dernier album. Dans son interprétation elle représente une France que nous aimons tous ici, joyeuse, ouverte, respectueuse et multiculturelle. Je suis particulièrement fier que l’enregistrement de notre version fut choisi pour passer, il y a quelques semaines, en pleine Assemblée Nationale, lors d’un hommage à Danièle Hoffman-Rispal, députée, décédée en avril 2020.

A tous ici présents, nous vous souhaitons un bon concert.

Alexandre Litwak, créateur et chef d’orchestre du Gefilte Swing

Klez N’ Zazou, dernier album

Y’a du zazou dans ce CD ! Ce swing effronté de Saint-Germain-des-Prés y donne brillamment la réplique au klezmer, cette musique tour à tour émouvante et festive qui est une des facettes essentielles du Gefilte Swing.

Et s’il n’y avait que le zazou ! Du jazz de la Prohibition ? Y en a. Du jazz New Orleans ? Y en a. De la chanson française à la sauce yiddish ? Y en a.
Et même du rock et du reggae ! Alors on pourrait dire qu’il est complètement zazou ce nouvel album du Gefilte Swing, mais au sens de meshuge, comme on dit en yiddish : barjo !

Sauf que c’est ça qui est bien avec le klezmer : il se marie avec tout. Placé sous le signe de l’ouverture, Klez N’ Zazou fait la part belle aux invités (ils ne sont pas moins de dix !), chanteuses et instrumentistes, issus du monde yiddish, du jazz, du rock, pour une fusion diablement réussie. Sans oublier le grain de folie. Wa da la di dou da di dou la wa wa !

Ils en parlent dans la presse.

– New Folk Sounds / Dries Delrue, août 2019
« Si la grande renaissance du klezmer et de la chanson yiddish semble derrière nous, ce CD de Gefilte Swing remet clairement le genre sur le devant de la scène musicale. Klez N ’ Zazou est un disque à chérir. »

 – Frémaux & associés / Augustin Bondou & Patrick Frémaux
« Ils empruntent aux Zazous leur désinvolture nonchalante, le désir de vivre, quoi qu’il en coûte, de swing et d’eau fraiche. En découlent une musique hédoniste, généreuse et revigorante. »

– Bruno Guermonprez / Jazz News Magazine, septembre 2019
« Gefilte Swing synthétise à la perfection ces zones d’influences qui ne ploient jamais devant la tradition pour rester tout à fait audible à notre époque. Et même régulièrement enthousiasmantes. »

– Blues & Rhythm / Norman Darwen, octobre 2019
« Si votre goût se penche vers le swing ou le klezmer, ou si vous voulez tout simplement écouter quelque chose de tout à fait différent, alors essayez le Gefilte Swing. »

Ils en parlent ici aussi

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Gefilte Swing : Chant : Muriel Missirlou / Trompette : Laurent Vassort / Clarinette & saxophone alto : Alexandre Litwak / Accordéon : Wilfried Touati / Tuba : Pascal Fabry / Batterie : Clément Moraux.
Les invités : Chant : Mélanie Gardyn & Judith Marx (4) / Clarinette : Laure Berthaume & Franck Séguy (2,4, 14) / Shona Taylor (2,9) & Michel Bonnet (2,9,14) / Trombone : Jean-Pierre Dumontier (2,14) / Piano : « Jopo » (2,4,14) / Contrebasse : Raphaël Ducasse (2,4,14) / Batterie : David Eleouet (2,9).
Enregistré en 2018 au studio « Montmatre Recording » par Andréas Lecter et PH. Graphisme : Productions du Golem.

photos : Michel Bonnet & Pierre Deloffre